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Recensions de la documentation

Elle Est Seule: Étude des ouvrages récents sur les femmes et le soutien social
M. L. Weber
On peut se procurer des exemplaires de cette publication au prix de 10 $. Faire parvenir un chèque ou un mandat-poste en argent canadien à l'adresse suivante:

Centre d'excellence pour la santé des femmes - région des Prairies
56, The Promenade
Winnipeg (Manitoba) R3B 3H9
Cette étude a été subventionnée par le Centre d'excellence pour la santé des femmes - région des Prairies (CESFP). Le CESFP est financé dans le cadre du Programme de contribution pour la santé des femmes, lui-même administré par le bureau pour la santé des femmes et l'analyse comparative entre les sexes à Santé Canada. Les opinions exprimées ici ne reflètent pas nécessairement le point de vue du CESFP ni la politique officielle de Santé Canada. 
Rapport circonstancié (en anglais seulement) PDF (784KB)


 

Elle Est Seule: Étude des ouvrages
récents sur les femmes et le soutien social

en anglais

Somaire

La présente étude propose un tour d’horizon de la recherche en soutien social : perspective traditionnelle et perspective féministe, avantages et inconvénients d’une recherche comparative hommes-femmes, et introduction à la recherche en soutien social portant sur les questions touchant les femmes. Chacune des sections de l’étude est résumée ci-dessous.

PARTIE 1 : DÉFINITIONS DU SOUTIEN SOCIAL ET LIENS AVEC LA RECHERCHE

L’expression « soutien social » renvoie à un large éventail de définitions, s’appuyant sur des termes fonctionnels, structurels ou conceptuels. Les chercheurs s’accordent à dire que les besoins en soutien social doivent être définis avec soin lorsqu’on entreprend un travail de recherche.

Le soutien social et la recherche Le soutien social est étudié objectivement au moyen de méthodes quantitatives comme l’analyse de réseaux, ou de méthodes subjectives comme la perception du soutien reçu et de son utilité.

Les problèmes de la recherche en soutien social Certains aspects du soutien sont faciles à étudier  par exemple, le nombre de personnes qui forment le réseau de soutien  et d’autres, plus difficiles. Il est difficile de définir un véritable concept expérimental; or, en l’absence d’un tel concept, les causes ne peuvent être déterminées. L’autodéclaration peut poser également des problèmes; l’utilisation de plusieurs méthodes d’évaluation est donc recommandée. Certains chercheurs considèrent maintenant le soutien comme un processus qui peut évoluer avec le temps, plutôt qu’une entité stable. Ces chercheurs recommandent d’évaluer le soutien à plusieurs reprises au cours de l’expérience stressante.

Les liens avec la santé et le bien-être Il est possible de définir la santé comme un modèle biomédical, ou comme un modèle holistique qui postule l’interaction entre l’esprit, le corps et l’environnement. La recherche a mis en évidence l’existence de liens entre le soutien social et la santé, que ce soit par les études physiologiques ou par le recours à des modèles théoriques comme l’« effet tampon » ou l’« effet majeur ».

Les femmes et la santé Pourquoi s’intéresser à la santé des femmes? En premier lieu, il y a de nombreuses questions qui ont des incidences sur les femmes, ou qui ont sur les femmes des effets disproportionnés. Or, la plupart des études du passé portaient exclusivement sur les hommes de race blanche, et les résultats étaient étendus ensuite aux femmes. De plus, non seulement les femmes ne constituent-elles pas un groupe homogène, mais les résultats chez elles varient en fonction de facteurs comme le stade de développement ou l’origine ethnique. Enfin, le rôle social de la femme semble influer également sur sa santé.

Stress, stratégies d’adaptation et soutien social Le stress est un élément environnemental qui constitue un danger et auquel l’individu peut répondre par une stratégie d’adaptation. Il y a une grande variété de stratégies d’adaptation. Les chercheurs ne savent pas exactement si la personne puise dans son arsenal de stratégies d’adaptation pour composer avec l’événement stressant, ou si les stratégies d’adaptation évoluent en fonction de la situation. Des études ont révélé, toutefois, que certains types de stratégies d’adaptation sont plus efficaces face à certaines situations ou à certaines phases d’un événement stressant. Un modèle particulier de stratégie d’adaptation apparaît lorsque des bouleversements du milieu obligent l’individu à réévaluer et à gérer les changements. Cette stratégie fonctionne de façon optimale quand il y a collaboration interpersonnelle. La collaboration est « habilitante » lorsque des groupes ayant des valeurs communes s’unissent pour modifier leur environnement en vue de l’améliorer.

Les stratégies d’adaptation négatives. La tendance actuelle, en matière de santé, est la prise en charge par l’individu. L’éducation, la prévention et l’acquisition d’un mode de vie sain sont des exemples de stratégies en ce sens. Toutefois, cette tendance fait abstraction des déterminants de la santé qui échappent au contrôle de la personne ou sont extérieurs à son comportement La recherche en soutien social doit étudier plus en profondeur les questions qui influent sur les choix d’une femme dans le domaine de la santé, afin de comprendre les raisons de ces choix.

Les femmes et les stratégies d’adaptation. Dans le passé, pour décrire la manière dont les femmes réagissent au stress, on soutenait que les femmes recourent davantage à l’émotion et aux relations qu’aux méthodes associées à une détresse psychologique plus profonde. Quand les outils d’évaluation sont apparus, les chercheurs ont découvert qu’on avait négligé d’évaluer les aspects positifs de l’adaptation axée sur l’émotion. Une fois le rajustement effectué, on s’est aperçu que les niveaux de dépression et d’hostilité étaient moins élevés chez les femmes. L’évaluation de l’adaptation axée sur les relations a permis ensuite de constater l’efficacité de cette stratégie une fois replacée dans le contexte de la vie d’une femme. Ceci prouve non seulement que les évaluations doivent prendre en compte le contexte de la vie des femmes, mais aussi qu’il faut manier les résultats avec prudence.

Les aspects négatifs du soutien

Le soutien n’a pas que des aspects positifs. L’appui donné peut être inefficace ou inapproprié, ou la personne qui l’offre peut être génératrice de stress ou de conflit. Quelques chercheurs ont découvert que les interactions négatives font plus de mal que ne font de bien les interactions positives. Enfin, le sens que prend le soutien pour la personne qui le reçoit est important, car soutien peut impliquer dépendance.

Les facteurs influents

Détresse, soutien et environnement. L’environnement externe peut jouer un rôle dans le soutien social en offrant des possibilités d’interaction de soutien ou en décourageant les comportements de soutien. L’entassement dans un logement, par exemple, est une variable qui peut décroître la probabilité d’un comportement de soutien.

Grands événements de la vie et stresseurs mineurs. Les petites contrariétés de la vie quotidienne et les grands événements de la vie sont deux déterminants externes importants. Les personnes qui vivent un événement majeur de leur vie  par exemple, la mort de leur conjoint  semblent recevoir plus de soutien que celles qui doivent faire face aux problèmes quotidiens  comme la garde de leurs enfants; toutefois, si l’événement s’étale sur une longue période, le soutien peut s’estomper. Un chercheur suggère d’examiner les liens entre événements majeurs et contrariétés quotidiennes; il soutient qu’il y a souvent un effet cascade entre les deux types de problèmes, qui peuvent s’aggraver mutuellement. Les conflits interpersonnels ont été reconnus comme le type de contrariété quotidienne le plus perturbateur.

Soutien perçu, soutien reçu et réciprocité. Le soutien perçu, c’est-à-dire ce que la personne pense recevoir, et le soutien reçu peuvent être différents. Le receveur doit percevoir le soutien comme aidant. Il arrive que le donneur croit son soutien aidant mais que le receveur pense autrement. La réciprocité, ou l’échange de soutien, varie selon les personnes et les relations. Une relation à long terme ne requiert pas de réciprocité immédiate de la part du receveur, car l’équilibre peut s’établir au cours de la relation prolongée.

Réciprocité et obligation sociale. Il semble que l’échange de soutien doive être équilibré, faute de quoi un sentiment d’obligation risque d’apparaître. Le type de soutien et le type de relation peuvent avoir des incidences sur l’échange (par exemple, un superviseur peut offrir un plus grand soutien informatif qu’un collègue de travail). Le soutien d’un membre de la famille, offert peut-être par devoir, peut susciter un plus grand sentiment d’obligation que le soutien d’un ami, offert volontairement.

Les caractéristiques individuelles. Le soutien social peut avoir des effets sur la santé en influant sur l’estime de soi ou sur le sentiment d’être digne ou indigne du soutien reçu. Il y a beaucoup d’autres caractéristiques individuelles dont on a constaté les liens avec le soutien social, notamment les compétences sociales, les capacités d’adaptation, le foyer de contrôle, le sens donné à la vie, et les traits de personnalité.

Les liens sociaux

Liens sociaux et sous-groupes. Un système de soutien social qui est stable en temps normal peut être perturbé par des stresseurs chroniques. Des études ont montré que, durant des événements stressants, certains sous-groupes de la collectivité peuvent recevoir moins d’aide. Il s’agit habituellement de groupes qui manquaient déjà de ressources avant l’événement. De plus, des stresseurs secondaires nés de l’événement peuvent aussi toucher le réseau de soutien.

Un soutien amélioré : les groupes d’entraide. Les groupes d’entraide ou d’aide à l’autonomie (ou groupes MASH) peuvent fournir un soutien précieux aux personnes qui vivent dans le stress en raison d’une maladie chronique ou d’un problème personnel. Il existe toutefois un danger que toute l’attention soit centrée sur la personne et qu’on néglige les influences extérieures.

Camaraderie et intimité. Il existe des liens entre soutien social et intimité. Les amis sont importants, particulièrement pour les femmes. Un chercheur suggère de repenser la relation matrimoniale en la concevant comme un contexte plutôt que comme un descripteur de la personne.

PARTIE 2 : LES DIFFÉRENCES ENTRE HOMMES ET FEMMES

La recherche comparative

La recherche traditionnelle pose de nombreux problèmes, notamment le fait que l’accent ne soit pas mis sur les structures de pouvoir profondes mais sur les différences biologiques. Quelques chercheurs estiment que la recherche comparative peut être avantageuse puisqu’elle permet de mettre en évidence les besoins et les désirs particuliers aux femmes. Lorsqu’une recherche comparative est entreprise, il y a plusieurs principes à respecter. De plus, chercheurs et décideurs doivent savoir qu’une mauvaise interprétation des données peut entraîner des effets nocifs pour les femmes.

Différences entre hommes et femmes et soutien social

La recherche sur les différences entre hommes et femmes et le soutien social est limitée. Parmi les problèmes de la recherche en ce domaine, il faut citer l’absence de concepts et d’instruments de mesure pertinents. Les femmes et les hommes ont des réseaux de soutien social différents. Par contre, il semble que les hommes comme les femmes préfèrent recevoir leur soutien des femmes. Les femmes offrent un soutien non seulement dans le cadre de leur rôle d’aidantes naturelles, mais aussi à titre professionnel, dans le cadre de leurs fonctions d’infirmières ou de travailleuses sociales. On s’attend également à ce qu’elles prennent soin, non seulement des membres de leur famille, mais aussi de leurs beaux-parents.

Les femmes, le travail et le soutien social

On a longtemps cru que le fait de travailler à l’extérieur du foyer nuisait à la santé des femmes. Il semble aujourd’hui que le travail ouvre l’accès à de nouveaux réseaux de soutien social pour les femmes. De nombreuses variables peuvent agir sur la satisfaction au travail. En général, le travail semble être bénéfique pour la santé des femmes. En ce qui concerne les femmes au foyer, on postule traditionnellement que les rôles d’épouse, de mère et de ménagère sont compatibles et que le foyer est un sanctuaire, libre de stress; quelques chercheurs réfutent maintenant ces postulats.

PARTIE 3 : QUELQUES GROUPES DE FEMMES PARTICULIERS

Les femmes autochtones

Les besoins en matière de santé des femmes autochtones sont différents de ceux des hommes autochtones comme de ceux des femmes non autochtones. Il existe peu de données de recherche complètes sur les femmes autochtones, particulièrement sur les femmes métis. Pour la femme autochtone, le soutien social peut être source de force ou de vulnérabilité. La réinstallation dans un centre urbain provoque l’entassement dans des logements insalubres. Les femmes autochtones représentent le pourcentage le plus élevé de chefs de famille monoparentale au Canada.

Les femmes des groupes minoritaires

La recherche s’intéresse rarement aux différences de race ou de classe; pourtant, des problèmes particuliers se posent aux femmes de certains groupes ethniques. L’inégalité est un problème grave. Dans certaines cultures, ce sont les hommes de la famille qui prennent les décisions financières, lesquelles peuvent dicter les décisions relatives au traitement médical des femmes et la mesure dans laquelle ce traitement sera suivi. Les réseaux et les liens sociaux peuvent varier d’un groupe ethnique à un autre. Les dispensateurs de soins de santé doivent être sensibles aux particularités culturelles.

Les femmes enceintes

Il a été prouvé que le soutien social durant la grossesse est bénéfique, particulièrement si la future mère est socialement désavantagée  par exemple, s’il s’agit d’une adolescente.

Les lesbiennes

Il se fait peu de recherche sur la santé des lesbiennes. Souvent, les lesbiennes qui cherchent à recevoir des soins de santé sont victimes de discrimination. Il est nécessaire de sensibiliser les professionnels de la santé aux besoins des lesbiennes afin que les services de santé soient accueillants pour les lesbiennes. Il existe sur Internet un groupe de soutien international qui propose de l’information et des sessions de cyberbavardage aux lesbiennes. Ce type de technologie peut offrir un soutien, mais les difficultés d’accès informatique constituent un problème.

Les femmes âgées

Les besoins en matière de santé des femmes âgées sont différents de ceux des hommes âgés; pourtant, il y a peu de travaux de recherche sur ce groupe de femmes. Les femmes vivent généralement plus longtemps que les hommes, ce qui ne veut pas dire qu’elles jouissent jusqu’au bout d’une bonne santé. Les femmes âgées consomment plus de médicaments et sont plus exposées au stress lié à la pauvreté, à la solitude et à l’obligation de procurer de soins à d’autres. Celles qui ont un emploi ou font du travail bénévole semblent tirer une plus grande satisfaction de la vie  sans doute du fait que la camaraderie et le soutien leur sont plus accessibles. La réciprocité du soutien est importante pour les femmes âgées, plus avec leurs enfants adultes qu’avec leurs amis.

Les femmes victimes de violence dans les régions rurales

La recherche s’intéresse peu aux réseaux de soutien social des femmes isolées et victimes de violence, même si leur isolement est reconnu. Pour les femmes des régions rurales, qui sont isolées non seulement socialement mais aussi géographiquement, l’existence de tels réseaux est particulièrement cruciale. L’aide dont disposent ces femmes n’est pas la même que celle dont dispose les femmes des villes. Les femmes qui aident ce groupe à titre bénévole en répondant aux lignes d’écoute et en éduquant la collectivité sont souvent isolées elles aussi, et elles sont exposées au harcèlement public du fait de leur occupation. Quelques rares initiatives ont été mises en oeuvre par des groupes communautaires en vue d’enrayer la violence. Il reste que les refuges pour femmes reçoivent peu de fonds des gouvernements. La Saskatchewan Farm Stress Line est un rare exemple de soutien offert aux gens des campagnes, qui peuvent discuter de leurs problèmes avec des conseillers dûment formés et issus du monde rural.

Les femmes divorcées

Le divorce peut être une période de stress pour les femmes, en partie du fait que les réseaux de soutien sont perturbés. Le soutien social peut soulager le stress, mais le type de soutien est important. Les amis et les enfants sont décrits comme étant la plus grande source d’aide Les femmes divorcées font rarement appel aux organismes de soutien externes.

Les femmes alcooliques

Il semble que les femmes alcooliques soient moins isolées socialement que les hommes alcooliques. Par contre, les femmes alcooliques ne sont pas aussi satisfaites de leur réseau de soutien que les autres femmes, particulièrement pour ce qui est de recevoir un soutien psychologique. Une étude a permis de constater que les femmes alcooliques ont reçu moins de soutien de leur famille, dans leur enfance, que les autres femmes.

Les femmes atteintes du sida

Le sida fait rapidement des ravages chez les femmes à faible revenu qui appartiennent à une minorité. Contrairement aux hommes homosexuels, les femmes atteintes du sida peuvent rarement s’appuyer sur de solides systèmes de soutien. De plus, les femmes ont souvent d’autres préoccupations que les hommes  comme la grossesse. Souvent, ce sont des femmes qui dispensent les soins aux personnes qui ont le sida. Il est difficile aux personnes ayant le sida de parler de leurs systèmes de soutien lorsque leur état s’aggrave. La divulgation de la maladie est souvent un facteur dans la formation et le maintien de tels systèmes. Quelquefois, la divulgation entraîne le rejet. Il est nécessaire de mettre sur pied une structure communautaire de soutien professionnel.

Les femmes atteintes d’un cancer

Le cancer cause un stress à long terme, qui peut perturber les relations interpersonnelles. Il a été démontré que le soutien social jouait un rôle positif dans le processus de rajustement psychologique et d’adaptation nécessité par un diagnostic de cancer et un traitement connexe, et que les groupes de soutien constituaient un mode d’intervention efficace. Pour les jeunes femmes adultes atteintes d’un cancer, qui ont des besoins différents de ceux des patientes plus âgées, le soutien des pairs est également bénéfique. La recherche sur le cancer doit se pencher sur les questions psychosociales particulières aux femmes, car aux yeux des femmes la qualité de vie est aussi importante que le traitement de la maladie. Il existe peu de recherches sur le cancer du col utérin, maladie dont la prévention et le traitement suscitent des préoccupations sociales et psychologiques. Un chercheur a découvert des liens entre le risque élevé de cancer chez les femmes et l’expérience familiale dans l’enfance. Le degré de soutien reçu par la femme dans le cadre de ses relations avant l’apparition du cancer détermine également le niveau de soutien qu’elle reçoit par la suite. Il est souvent difficile aux personnes qui soignent des patientes de savoir quels sont les besoins de ces dernières. Une étude a révélé que la famille et les dispensateurs de soins définissent le soutien de façons différentes. Il est important que la femme exprime ses besoins en soutien. Enfin, les intervenants doivent également prendre en compte l’origine ethnique des femmes.

Les femmes atteintes d’une maladie chronique

Une maladie chronique peut susciter des changements majeurs dans la vie. Selon la recherche, la qualité des relations conjugales influence en partie le soutien que reçoit le malade chronique. Les attentes de la famille et des dispensateurs de soins professionnels peuvent avoir également des incidences sur le bien-être du patient. Enfin, la plupart des personnes qui donnent des soins aux malades chroniques sont des femmes.

Les femmes handicapées

Il a été démontré que l’intégration sociale améliorait le soutien social offert aux femmes handicapées. Ce sont les aidants naturels qui s’occupent le plus des personnes handicapées  plutôt que les prestataires de « services pour personnes handicapées ». Ces services ont été jugés trop orientés vers les hommes. Plusieurs chercheurs soutiennent que les questions importantes pour les femmes handicapées ont été ignorées de la recherche féministe. La recherche doit redéfinir certains termes  par exemple, « autonomie », qui doit désigner le contrôle sur sa propre vie, et non la capacité de remplir telle ou telle tâche.

PARTIE 4 : LES MÉTHODES DE RECHERCHE FÉMINISTES

Il n’y a pas de méthodologie féministe comme telle, mais certains points sur lesquels tout le monde s’entend : d’abord, l’idée selon laquelle la recherche n’est jamais indépendante des valeurs et que les valeurs peuvent influencer chaque étape du processus de recherche; ensuite, l’accent à mettre sur la diversité des expériences des femmes et sur l’influence du contexte social. Un groupe de chercheurs a formulé plusieurs recommandations à l’intention de ceux qui désirent utiliser les méthodes traditionnelles. D’autres recommandent d’abandonner le modèle biomédical, de prendre en compte les environnements psychosocial et physique et les stades de développement, et enfin de respecter et d’écouter les femmes lorsqu’elles recourent à leurs modes particuliers de connaissance. D’autres encore recommandent de modifier le processus de recherche de manière à mobiliser davantage les participants. La recherche ne doit pas se limiter aux femmes blanches de la classe moyenne, et les outils de recherche doivent être évalués au regard des préjugés, des obstacles linguistiques, de la capacité de lecture, et de la pertinence du contenu.

CONCLUSION

La recherche doit élargir sa perspective, qu’il s’agisse des domaines d’étude ou des méthodes. Le contexte, la situation socioéconomique et la culture sont quelques-unes des variables que les chercheurs doivent prendre en compte pour avoir une idée plus juste de la vie des femmes. De même, des méthodes comme la recherche participative féministe, qui réduit l’intimidation inhérente aux autres méthodes de recherche, sont un outil puissant pour comprendre la question des femmes et du processus de soutien. D’autres méthodes de recherche peuvent être utilisées, à condition d’incorporer la perspective féministe, selon laquelle certains préjugés faussent les résultats de la recherche.

De nombreux groupes de femmes n’ont encore jamais participé aux recherches sur le soutien social. C’est le cas des femmes âgées, des femmes autochtones, des immigrantes, des femmes qui vivent dans la pauvreté, des femmes handicapées, des lesbiennes et des adolescentes. La recherche doit s’intéresser davantage à ces femmes, qui sont souvent celles qui reçoivent le moins de soutien social dans notre société.

Il existe de nombreuses études sur les caractéristiques individuelles des personnes qui reçoivent du soutien, et sur leurs styles d’adaptation, mais peu sur les caractéristiques des personnes qui prodiguent des soins, ou sur les avantages qu’elles en retirent. Il peut être dangereux de concentrer la recherche sur la personne, car cela peut conduire à blâmer la personne pour le soutien qu’elle ne reçoit pas. Une recherche davantage orientée vers les facteurs d’influence externes, et conçue comme un processus plutôt que comme une activité ponctuelle, serait plus utile.

La recherche révèle qu’on préfère le soutien naturel de la famille et des amis au soutien professionnel des organismes de services, et qu’on préfère le soutien donné par les femmes. Sur le marché du travail, les femmes occupent traditionnellement des postes liés aux soins. Quelles sont les conséquences, pour les femmes en tant que premières dispensatrices de soins, d’une tentative de renforcement des réseaux de soutien pour les femmes? De quelle manière la collectivité peut-elle encourager les femmes à faire appel aux organismes professionnels? Comment ces organismes peuvent-ils devenir plus accueillants pour les femmes, particulièrement pour celles qui sont marginalisées par la société?

La technologie offre de nouvelles possibilités de soutien, entre autres l’aide psychologique via le cyberbavardage ou le courrier électronique, et l’aide informative. Comment cette technologie peut-elle être utilisée de manière à améliorer le soutien offert, et quels sont les obstacles  par exemple, les problèmes touchant l’accès?

Pour que les femmes non soutenues, ou insuffisamment soutenues, reçoivent du soutien, nous devons mieux comprendre comment le processus de soutien fonctionne et quels sont les besoins réels des femmes placées dans telle ou telle situation. Nous devons comprendre le fardeau que représente le fait de s’occuper de quelqu’un d’autre, et les avantages qu’on peut en retirer. Nous devons explorer la manière dont les différents rôles se combinent  par exemple, celui de dispensatrice de soins et celui de receveuse de soutien  et comprendre avec quoi les femmes doivent composer quotidiennement. Si nous incluons les femmes dans le processus de recherche, et si nous les écoutons lorsqu’elles parlent et racontent leurs expériences, peut-être le jour arrivera-t-il où aucune femme ne sera plus jamais seule.

Rapport circonstancié (en anglais seulement) PDF (784KB).

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